Aciérie de Hayange : photos de l’ancienne aciérie de Arcelor Mittal
Nom :Aciérie de Hayange : photos de l’ancienne aciérie de Arcelor Mittal État : Abandonné Année de visite : 2016 – 2025
Au cœur de la vallée de la Fensch, en Moselle, l’ancienne aciérie de Hayange (domicilié à Sérémange) se dresse encore comme un témoin colossal de l’histoire sidérurgique de la Lorraine. Fondée par la famille de Wendel dès le XVIIIᵉ siècle, modernisée au XXᵉ avec la création de Sollac et l’appui du Plan Marshall, puis intégrée à ArcelorMittal, elle a marqué des générations d’ouvriers avant de s’éteindre progressivement après l’arrêt des hauts fourneaux en 2012. Aujourd’hui, cet immense site industriel abandonné pendant des années est en cours de démolition. Après avoir a été revendu en 2023 à la société Henry Invest, celle-ci a commencé à raser les 165 hectares de friches pour ensuite dépolluer le terrain. Avant que le site disparaisse totalement, voici une plongée à l’intérieur de l’aciérie.

Aciérie de Hayange : une saga sidérurgique de trois siècles
L’histoire du site remonte au début du XVIIIᵉ siècle : en 1715, Martin Wendel acquiert une forge à Hayange et y construit un complexe sidérurgique qui deviendra l’un des plus importants du royaume. Profitant de la révolution du procédé Thomas-Gilchrist, la société de Wendel bâtit en 1881 deux aciéries à Hayange et à Moyeuvre. Dès 1929, Hayange devient la première aciérie de Lorraine. Après la Seconde Guerre mondiale, la coopérative Sollac est créée en décembre 1949 pour moderniser l’appareil productif; elle construit à Serémange‑Ébange et Florange des installations de laminage continu qui permettent de maintenir la production malgré la crise sidérurgique des années 1970. L’usine de Hayange est également pionnière : en 1979, elle réalise la première coulée continue de brames au monde. Dans les décennies suivantes, l’ensemble passe sous les girons d’Usinor, puis d’Arcelor et enfin d’ArcelorMittal. La filière liquide (haut‑fourneaux et aciérie) cesse toutefois de fonctionner après une longue lutte syndicale : le 24 avril 2013, l’alimentation en gaz est coupée sur les hauts‑fourneaux P3 et P6, et la cessation d’activité devient définitive fin 2018.







Devenir du site
La fermeture de l’usine à chaud transforme le paysage industriel. Tout comme les deux tours de P3 et P6, hautes de 90 m, l’aciérie domine encore la vallée de la Fensch et rouille au milieu des friches. La société Henry Invest, filiale du groupe luxembourgeois Oxytec, rachète le site du Patural à ArcelorMittal le 28 avril 2023 pour 500 000 € et s’engage à démanteler les structures et dépolluer le terrain. La requalification s’inscrit dans un projet partenarial d’aménagement portant sur la reconversion de 165 hectares de friches industrielles. Les démolitions ont commencé en 2024 et devraient s’achever d’ici 2030, laissant place à un futur quartier mixte tandis que 60 000 tonnes de métal seront recyclées.




Aciérie de Hayange : une dernière visite sur les toits
Avant le début de la déconstruction, une visite sur les hauteurs de l’aciérie permet de prendre la mesure de ce colosse d’acier. Depuis les passerelles qui relient les hauts‑fourneaux, la vue s’ouvre sur la vallée de la Fensch et les cités ouvrières. Le long des tôles oxydées, les cheminées immenses du laminoir et des halls de coulée se dressent comme des sculptures industrielles. On y aperçoit encore les rails de coulée continue installés dans les années 1970 et la halle des soufflantes, que le projet de démolition envisage de conserver comme témoin patrimonial. Au-delà des cheminées, la balade offre un panorama sur les collines de Hayange et de Serémange‑Erzange. Sûrement un dernier regarde sur le site avant que l’aciérie tombe, tout comme celle de Gandrange.





