Fort d’Écrouves : vestiges 150 ans après sa construction
Nom : Fort d’Écrouves : vestiges 150 ans après sa construction État : Abandonné Année de visite : 2021
Le fort d’Écrouves domine le paysage depuis un plateau culminant à 385 mètres. Avec le fort de Domgermain, il contrôlait la route et la voie ferrée menant à Verdun et Paris et faisait partie de la ceinture fortifiée de Toul conçue par le système Séré de Rivières. Cet ouvrage, l’un des plus grands de la place avec ceux de Villey‑le‑Sec et du Saint‑Michel, est le seul fort en première ligne à posséder un casernement en dur sur trois niveaux. Je vous propose de partir à la découverte des vestiges de ce fort.

L’histoire du Fort d’Écrouves
Construit entre septembre 1874 et janvier 1877, le fort d’Écrouves a nécessité d’importantes ressources et disposait initialement de 42 pièces d’artillerie, deux magasins à poudre pour 160 tonnes et une garnison de plus de mille hommes. Modernisé en 1892 par l’ajout d’une caserne en béton puis entre 1906 et 1909 par l’installation de nouvelles tourelles et d’une casemate de Bourges, il fut entièrement désarmé en 1943‑1944 et n’est plus aujourd’hui qu’un terrain d’entraînement militaire par moment, mais surtout une friche.



Visite du fort
Le fort d’Écrouves se distingue par son immense casernement de trois niveaux qui offrait des volumes spectaculaires et pouvait héberger plus d’un millier de soldats. Ce qui m’a le plus impressionné dans cette visite, c’est la présence de nombreux puits de lumière un peu partout dans la structure. Pensé pour accueillir plus de 1 000 hommes, le bâtiment abritait également deux fours à pain, deux magasins à poudre contenant 160 tonnes d’explosifs et une citerne alimentée par captage aérien. La qualité de la maçonnerie en pierre d’Euville et de Lérouville donne encore à l’ouvrage une impression de robustesse et d’espace.




Fort d’Écrouves : les fresques
Au‑delà de ses caractéristiques militaires, le fort d’Écrouves est devenu un lieu de mémoire. En 1997, des chambres du niveau supérieur de la grande caserne conservaient encore des dessins attribués à des prisonniers russes internés en 1917. Ces fresques, réalisées au fusain ou peintes, représentent des scènes de vie et des portraits et témoignent de la présence de soldats du corps expéditionnaire russe envoyé en France durant la Première Guerre mondiale. D’autres œuvres sont présentes, comme des peintures d’instruction sur les mitrailleuses et des graffitis réalisés par les soldats.





